INTERVIEW DE : Ludivine Espir photographe

© Ludivine Espir

© Ludivine Espir

Capteur de Rêve ::Bonjour Ludivine, peux tu te décrire en quelques mots?

Bonjour, je suis Ludivine, j’ai 38 ans, je suis maman d’un petit garçon d’ 10 ans. J’habite le Vaucluse. Attachiante, pleine d’humour, et prise de tête 😉

CdeR :Quelle est ta spécialité ?

Je ne sais pas si c’est ma spécialité, mais je fais beaucoup de photos de bébés. Les clients qui viennent me voir me conseille à d’autre et ainsi de suite. Sinon j’aime beaucoup le boudoir aussi.
CdeR : Comment es-tu arrivée à la photographie ?

J’ai toujours voulu un reflex, alors quand j’ai divorcé je m’en suis offert un, et le coup de foudre immédiat. J’ai très vite compris qu’il ne suffisais pas d’avoir un boitier pour faire des photos, donc je me suis formé comme j’ai pu, avec des tutos, sur des forums et en pratiquant aussi souvent que possible. J’ai toujours aimé l’art, sous toutes ses formes, et la photo en fait partie. Donc je dirais que ça devait m’arriver un jour ou l’autre en fait.
CdeR : Comment t’es-tu formée?

Je ne me suis pas vraiment formé, et en plus je n’ai aucune culture artistique. J’ai appris sur le tas, en manipulant et en essayant des centaines de fois, les réglages, jusqu’à comprendre comment ça marche. J’avais hâte de savoir comment faire, pour pouvoir me concentrer uniquement sur ce que je voulais voir. Mais même aujourd’hui en sachant régler mon boitier, je suis une obsédée de la technique. Je cherche toujours quel est le meilleur réglage, pour un meilleur résultat. J’ai peur de rater une photo parce que je n’aurais pas fait les bons réglages. Sauf qu’aujourd’hui cela me prends 10 secondes dans le pire des cas.

Je suis consciente que je ne me sers de mon boitier qu’a 50%, mais cela me suffit pour obtenir ce que je veux, donc comme je suis un peu fainéante, je cherche pas plus loin. Et honte à moi, je n’ai jamais lu la notice de mon boitier. J’ai lu celle de mon premier boitier, mais pas des deux autres. J’avoue que ça m’endort et surtout que je n’y comprends rien. Je comprends avec une démonstration, et surtout je retiens. J’ai une mémoire sélective, qui ne retiens que ce qui l’arrange.

CdeR : Quel est ton matériel photo fétiche ?

Mon canon 5 mark III. J’ai aussi un 7d dont je ne me sers qu’en complément pour les mariages. En objectif, mon préféré est le 70/200 mm, mais je m’en sers peu, car très lourd, et pas assez de recul pour le studio. L’objectif qui est le plus souvent monté sur le boitier est le 24/105mm. Beaucoup disent qu’il n’est pas top, mais il est très polyvalent et cela me va bien. Que ce soit pour du studio ou pour aller balader, je le trouve parfait. Après j’ai aussi un 50mm f1,4 et un 100mm macro, dont je me sers aussi pour du portrait ou des macros des yeux.
CdeR : Peux tu nous commenter la photo que tu as choisi pour illustrer cette interview ?

Ma meilleure amie © Ludivine Espir

Ma meilleure amie © Ludivine Espir

© Ludivine Espir

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C’est une photo que j’ai fait lors d’un shooting avec une amie à moi. On y a passé la journée. Plusieurs lieux, plusieurs tenues. Une super journée entre fille avec la photo. Le pied total quoi !!! Cette photo n’a rien d’extraordinaire en soit. Mais à chaque fois que je la regarde j’ai du mal encore à croire que c’est moi qui l’a faite. C’est le genre de photo dont je bave dessus, et dont je rêve d’arriver un jour à faire la même chose. En fait, j’en suis fière pour plusieurs raisons. D’abord parce que c’est moi qui l’ai coiffé, ensuite parce que tout y es  la lumière, la pose, le regard, la composition, l’émotion, le maquillage, la coiffure, le post traitement. Une succession de petits détails qui mis bout à bout, fait que l’ensemble fonctionne ,et, est abouti. Bien sur maintenant je ne rêve que de faire des photos comme ça.

CdeR : Quels conseils donnerais tu à un jeune qui débute ?

De base, je n’ai aucun conseils à donner, étant moi même sans formation pour appuyer ce que je dirais, et en étant encore en formation et en découverte moi même. Le seul truc que je pourrais dire c’est « exerce toi et pratique », il n’y a que comme ça que l’on peut progresser. Il faut connaître les réglages de bases et après, tu pratiques c’est tout. Et au bout d’un moment ,tu commences à trouver ta voie, celle sur laquelle tu auras envie d’aller, pour peaufiner ton style et savoir ce que tu aimes le plus. Pour moi ,on ne peut pas être bon en tout, on a des sujets de prédilections, des choses qui nous font plus vibrer que d’autres.

CdeR : Que recherches-tu à travers cet art ,et à faire partager ?

Au début, je voulais juste faire des photos et les partager, je ne me posais pas plus de questions que cela. Mais avec le temps, j’ai découvert que j’apprenais à me connaître moi même. Donc si je cherche quelque chose, je crois que c’est moi, à travers les autres et leurs regards, à travers leurs émotions, leurs vécus, et leurs vies. Je crois que j’ai envie de montrer certaines choses qui me parle, comme ma notion au rapport du temps par exemple, la séparation, l’amour, l’enveloppe charnelle etc… Et comme je me pose beaucoup de questions, je pense que j’en ai pour la vie à explorer un peu tout cela. Mais c’est une fois les séries terminés que je m’en rends compte, un fois que je regarde les photos les unes derrières les autres, que je me rends compte de ce que j’ai voulu dire. Je suis quelqu’un qui met du temps a se rendre compte des choses, mon cerveau filtre au fur et a mesure de façon assez surprenante je l’avoue, de cette façon j’assimile des choses émotionnelles que je n’aurais pas su gérer tout d’un bloc. Et après grâce à la photo d’une certaine façon je les extériorises. Mais même cela me prends du temps, je laisse murir le projet un certain moment, et quand j’en peux plus, quand cela me ronge littéralement, je les mets en photos, comme ma série « l’ange blessé », je savais ce qui allais arrivé, j’attendais une réponse importante, et au fond de moi je connaissais la réponse de tout cela. Un matin en me levant, il fallait que je couche mes émotions et mes maux. Ma douleur devenait visible, là sous mes yeux, et cela me faisait du bien, car je pouvais la regarder en face, et quelque part la laisser suivre son chemin, et me laisser tranquille pour pouvoir la digérer et l’accepter.
CdeR : Peux tu nous relater un de tes meilleurs souvenirs ainsi que le pire ?

Je n’ai pas de pire souvenir, si ce n’est que j’ai toujours un trac fou avant une séance photo. Que ce soit avec mes amies, pour une série perso ou avec des clients. Mais cela ne se voit pas, on dirait que je suis sûre de moi et parfaitement à l’aise. Alors qu’en réalité, je suis morte de trouille à l’idée de passer à côté d’une émotion importante qui ne se reproduira plus. Mon meilleur souvenir, je n’en ai pas. A chaque fois que je fais des photos, à chaque fois que j’ai le boitier dans les mains, a chaque fois que j’enclenche, je ressens un plaisir et un bonheur immense. Il n’y a que là, que quand je fais des photos que ma tête se vide. Je suis tellement concentrée, que rien ne vient me perturber la tête, aucun filtre, aucun brouillard dans mon esprit, tout devient clair, tout devient mieux. C’est ma thérapie je crois, et ma drogue aussi. Si je fais pas de photos pendant un moment, je suis en manque, je tourne en rond ; je cherche quoi faire, quoi prendre, quoi voir, quoi dire. Je suis une droguée quoi. Et comme je ne veux pas prendre n’importe quoi en photo, comme il me faut un sens, un but, une histoire. Et beh quand je n’ai personne sous la main pour exprimer cela, je suis frustrée. Donc souvent je me prends moi, mais c’est pas pareil, je suis trop concentrée sur la télécommande, sur le cadre, et sur les poses que ça m’agace vite en fait.
CdeR : Que les sont les œuvres majeures de ton parcours?

Il y a ce premier portrait de femme, ma première photo réussie (qui m’a ouvert la voie). Ensuite le premier bébé que j’ai fait. Le premier boudoir avec ma meilleure amie. La série sur l’amour entre femme, une photo de moi pour un concours (photo archi nulle qui m’a fait dire qu’il fallait travailler les détails, pour sortir un bonne photo. Mais l’idée y était.), la première macro de l’œil, mon boudoir à moi, pour comprendre ce que cela fait d’être devant l’objectif « mise à nue », ma photo fétiche celle que j’arrive pas à croire que c’est moi qui l’ai faite, et un portrait de ma meilleure amie.

© Ludivine Espir

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Ludivine © Ludivine Espir

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 CdeR : Quels sont les photographes qui t’ inspires ?

Je n’ai pas de culture en photo, je fonctionne juste avec mon cœur. Mais il y a Krisztina Jonathan Toth-Fay que je suis sur FB. Du jour où j’ai découvert ses portraits, j’ai eu envie de faire aussi bien. Je n’ai jamais osé lui demander comment elle faisait, mais en essayant de faire aussi bien, j’ai beaucoup progressé, tout en restant dans mon style car je ne sais toujours pas comment elle fait ! Jozef Kiss que je suis aussi, et je bave littérallement devant son travail. Helene Dourliand dont je suis fan absolu de ses boudoirs, de ses autos- portraits, de sa vision, je l’adore. Eric Dufour, sa vision du graphisme est toujours tellement juste. Et pour le reste aussi il est aussi bon, une vision aussi très intéressante et inspirante. Déclic Pholiotte, un univers à part, mais tellement émotionnel, que cela deviens grandiose sous son regard. Elle ne laisse pas indiffèrent, et en même temps ses photos me mettent une sacré claque à chaque fois

CdeR : Quelle est ta plus grande source d’inspiration ?

Les émotions, la vie, les gens…

CdeR : Quels lieux te font rêver ? Si dans l’absolu, tu pouvais y shooter

…. Je rêve de New York, mais en terme de lieux je ne sais pas, j n’en connais pas trop,et je suis plutôt studio,donc je dirais surtout des accessoires pour créer un univers.

CdeR : Photographies-tu avec une idée en tête, ou te laisses tu porter par les occasions qui se présentent?

En général j’ai une idée, et je brode autour de ca. C’est la personne en face qui va me guider inconsciemment sur le reste du chemin. Mais je peux partir juste avec un mot, ou une image bien précise. Disons que j’ai la première phrase de l’histoire, mais le reste de la page, je la créer en fonction de qui est devant moi, et de ce qu’elle me propose en me parlant physiquement, de comment je me sent sur le moment, des questions qui me taraude. 10% de prévu, 90% de feeling.

CdeR : Quels sont les logiciels et plug-ins que tu utilises pour retoucher et gérer tes photos?

A 97% je suis sur lightroom, j’ai téléchargé des presets (que je modifie à ma sauce) et j’en créer à chaque fois que j’ai fait un shooting. Donc dans mon logiciel on a des « malicia, malicia 2, malicia boudoir, aaron, nino, tom, porte, pissenlit, cuisine etc etc…Et photoshop uniquement pour enlever un petit boutons ou ce genre de truc. Je ne comprends rien à photoshop. Sinon silver efex pour le B&W.
CdeR : Quels sont tes projets photographique 2015 ?

Me recréer une clientèle, car j’ai changé de région en milieu d’année. J’aimerais exposer aussi, et surtout exploser !!!! Faire un pas de géant en progression technique et créative. Beaucoup de voyage j’espère. Des séries à mettre en pratique. Maitriser plus la lumière, surtout en low key (j’ai beaucoup de mal, je suis toujours en train de monter la lumière). Du boudoir homme, du boudoir couple.

Tester le culinaire.

Et arrêter d’avoir peur de tout, tout le temps, laisser tomber mes barrières, foncer sans me poser de questions (non la c’est d’une thérapie que j’ai besoin !!!! mdr)
CdeR : La question de fin d’interview ,si tu pouvais te réincarner , en quoi et pourquoi ?

En oiseau,en chocolat,en chat,en licorne, en maitre zen, en Carrie Bradshaw,en pianiste,en écrivain,en peintre, au choix.

CdeR : Un dernier mot ?

Merci à toi pour ton invitation.
CdeR ; Merci beaucoup Ludivine pour le temps consacré à nous faire te découvrir ….

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