COUP DE COEUR : Urbex

© David Vanbael

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Définition : 

L’exploration urbaine, abrégé urbex (de l’anglais urban exploration), est une activité consistant à visiter des lieux construits par l’homme, abandonnés ou non, en général interdits d’accès ou tout du moins cachés ou difficiles d’accès.

L’exploration urbaine, au sens propre, désigne le fait de recueillir des données sur des zones publiques du paysage urbain, délaissées tout ou partie du temps, en vue d’y accéder et de les utiliser. Cette activité, bien que clandestine et faite sans l’autorisation des éventuels propriétaires, n’est prohibée en France que par quelques décrets, arrêtés préfectoraux, ou règlements internes de certaines administrations. Les exemples de cette activité sont rares et peu connus, pour des raisons pratiques évidentes liées à toute activité clandestine.

Origines :

En France, la région parisienne est propice à cette activité (métro, nombreux chantiers, usines, hôpitaux et autres bâtiments abandonnés, toits d’immeubles, monuments, souterrains, etc.). L’Australie, les États-Unis et les pays anglo-saxons d’une manière générale comptent également des communautés importantes de pratiquants.

©  Urban Exploration  / Infiltration

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© David Vanbael

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© Urb Ex

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Centres d’intérêt des explorateurs urbains :

L’exploration urbaine est un ensemble de pratiques, dont les motivations peuvent être très éloignées. Certains seront portés sur l’aspect historique, l’ancien et l’abandonné. Pour d’autres, ce sera la maîtrise de la ville moderne et de ses coulisses. La photographie est également une motivation importante. Les groupes se forment bien souvent autour d’une de ces pratiques. En France plus qu’ailleurs, la spécialisation des pratiquants est très forte : certains ne vont que dans les catacombes, d’autres ne font que des toits ou des visites du métro.

© Urb Ex

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Exemple :

Toiturophilie : 

En toiturophilie, les lieux visités sont presque toujours des toits, que ce soit de résidences, de grands immeubles (administrations, sites publics), d’églises ou de cathédrales. Par extension, le toiturophile escalade aussi des grues ou de hautes cheminées.

Cette activité se pratique généralement de nuit, à la faveur d’accès le plus souvent illégaux. Certains cependant obtiennent des accès légaux, notamment dans le cadre de campagnes d’entretiens ou de reportages photographiques.

Le toiturophile monte généralement sur les endroits les plus hauts, afin d’apprécier la vue et prendre des photos. Au lieu de simplement assister aux visites touristiques, il est motivé par une volonté de calme et de détente. La visite de ces lieux, sans personne pour troubler leur tranquillité, devient alors un moment privilégié d’observation du panorama et de perception des éléments (tel que le vent ou la pluie).

Cataphilie  : est né dans les années 1970 )

Est qualifié de cataphile tout individu qui pénètre dans les galeries d’inspection des anciennes carrières souterraines de Paris (souvent confondues avec les catacombes) et les parcourt. Les motivations des cataphiles sont très diverses : sont souvent avancés l’intérêt historique, le besoin de solitude, le goût de l’interdit, l’attrait du monde minéral, etc.

Exploration rurale :

Activité dérivée de l’exploration urbaine qui consiste à s’introduire et à visiter des lieux très souvent abandonnés tout en profitant de la tranquillité du milieu rural. Contrairement au milieu de l’exploration urbaine, celui de l’exploration rurale est plus marginal. La connaissance du patrimoine, industriel ou artisanal, est souvent une des motivations de l’activité. Lieux visités : fermes, coopératives agricoles, silos, maisons, usines, chantiers, bâtiments, cimetières, anciennes voies ferrées… L’exploration est souvent accompagnée de la prise de photographies de l’endroit visité, parfois d’un relevé de plan.

© Abandonned Zone

© Abandonned Zone

Friches industrielles et lieux abandonnés :

La visite de sites industriels désaffectés est en théorie interdite car il s’agit de lieux privés et en raison des dangers qui s’y trouvent (matières dangereuses stockées, risques de chutes, d’effondrement de la structure, électrocution, amiante, etc…), mais elle représente une grande partie de l’activité d’urbex car facilement réalisable (et disponible selon les régions). Il arrive parfois que le site ait été racheté par une collectivité locale ou mis sous tutelle d’un organisme public du type établissement public foncier, pour être dépollué et détruit. Dans ce cas, l’activité d’urbex sert de témoignage visuel d’un patrimoine industriel en disparition.

Réseaux d’adduction d’eau et égouts :

Une des composantes majeures de l’infrastructure des villes est sa gestion des flux d’eaux. Qu’elles soient potables, industrielles, pluviales ou usées, celles-ci nécessitent l’installation de conduites majoritairement souterraines pour leur transport (aqueducs, égouts, canalisations…) ou leur stockage (bassins et déversoirs). Toutes ces infrastructures représentent ainsi un terrain de jeu supplémentaire pour certains explorateurs urbains.

Cette pratique, nommée « draining » chez les anglophones, peut néanmoins s’avérer dangereuse en cas de pluie et a déjà conduit à des accidents mortels.Cette activité est très pratiquée en Australie, dont le réseau de récupération des eaux pluviales est généralement séparé de celui des eaux usées. Elle reste en revanche assez peu courante en France, une raison probable étant le caractère unitaire des égouts français : eaux pluviales et usées circulent ainsi dans le même réseau.

Ouvrages ferroviaires :

Métro, train, dépôt, tunnels ferroviaires Gare internationale de Canfranc (Espagne) : bâtiment voyageurs de 400 m de long dont une grande partie est désaffectée, petite ceinture autour de Paris, etc.

© Bestarns Pic's

© Bestarns Pic’s

Risques liés à cette activité :

Risques juridiques : 

En France, l’explorateur qui pénètre dans des lieux privés s’expose à un risque légal (pénétration avec ou sans effraction dans le bien d’autrui ; mais cela pourrait aller jusqu’à des accusations d’espionnage ou atteinte à la Sûreté de l’État). Cependant bien que clandestine, cette activité n’est prohibée en France que par quelques décrets, arrêtés préfectoraux, ou règlements internes de certaines administrations.

Risques physiques :

Les risques physiques liés à cette activité sont de plusieurs natures : chute de l’explorateur ou chute de pierres, effondrements, etc. ; des risques liés à l’eau (inondation subite d’un conduit) ; risques liés aux gaz (absence d’oxygène, présence de gaz toxiques (CO, CO2, H2S…)12), risques d’explosion (grisou, poussières). L’exposition à l’amiante dégradé dans certains sites est également à prendre en compte.

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